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Les plastiques libèrent l’adrénaline
Ce qu'on appelle sports de glisse, extrêmes ou « à risque » témoigne d’un désir largement partagé d’affirmer sa singularité par l’exposition au danger et la maîtrise du risque. Ce contexte est le terrain idéal pour mettre à l'épreuve les matériaux plastiques déjà très présents dans le monde du sport.
Les plastiques libèrent l’adrénaline
Les plastiques libèrent l’adrénaline

Les plastiques en roue libre

En freeride, les composites sans contest

Pour la plupart des amateurs de VTT, le DH, Down Hill en anglais, pour descente, et le freeride sont les disciplines reines. Les grandes épreuves qui combinent vitesse, figures spectaculaires et médiatisation sont autant de vitrines technologiques pour les marques… Sur ce terrain, les constructeurs ont pris l’habitude d’aligner, de plus en plus souvent, des écuries équipées de cadres en composite carbone. Plus léger que l’aluminium et a fortiori que l’acier, ce matériau constitue un atout indiscutable, en compétition… Mais sous certaines conditions. 
En effet, la fabrication d’une machine robuste, légère, plus ou moins rigide selon les attentes du pilote est une savante alchimie qui repose sur la maîtrise de plusieurs paramètres.

Il faut d’abord contrôler la finesse des filaments de carbone dont la rigidité est inversement proportionnelle à la résistance… Puis définir le nombre de ces fils tressés (de 3000 à 12000) dans chaque brin destiné au tissage… Et enfin ajuster la quantité de résine, variable de 25 % et 50 % du poids du tissu pré imprégné destiné au moulage.Sachant que le moulage d’un cadre de VTT carbone requière plusieurs centaines de pièces dont la composition varie suivant la fonction, on comprend que cette technologie n’est pas à la portée de toutes les marques… Et que les vélos en composite accessibles au grand public n’ont rien de commun avec les machines dont elles équipent leurs champions.

 

La résine qui défie le bitume

Malgré l’invention du « truck orientable » permettant de changer sa trajectoire, le skate n’a pas vraiment décollé de façon significative avant 1973, date d’une seconde révolution liée à l’apparition de la roue dite « uréthane » sous la marque « Cadillac Wheels ». Gage de silence, de sécurité et de performance, l’usage de cette résine a permis d’adapter les roues, puis les planches, à des pratiques variées. Finalement, outre l’adrénaline, cette résine reste le seul autre point commun entre les adeptes du freestyle ou du skatepark et les champions de Downhill qui dévalent des pentes de bitume à plus de 60 km/h. 

 

En effet, tous les boards sont équipés de roues en polyuréthane évidées en leur centre pour y fixer deux roulements… Mais la formulation du polymère varie beaucoup en fonction de la dureté « shore » et du profil attendus. Ainsi un roue notée 100a, considérée comme dure glisse plus facilement mais est plus sensible aux irrégularités du sol. Ainsi, paradoxalement, pour la descente, où le confort et l’accroche prime sur la technicité, les skateurs privilégient des roues moins dures, d’une largeur supérieure à 50 mm, à bords carrés… Pour les pros, cependant, c’est d’abord l’homogénéité de la gomme qui permet de juger de sa qualité.

Le zorbing, c'est gonflé

Si vous vous souvenez du premier tête-tête de Pierce Brosnan avec sa James Bond girl dans « Le monde ne suffit pas », le zorbing, malgré son nom bizarre, ne vous est pas étranger. Inventé en 1973 par le français Gilles Ebersolt, cette activité qui consiste à dévaler une pente à l'intérieur d'une grande sphère transparente est devenue populaire, dans les années 90, en Nouvelle-Zélande. Avec ses collines herbeuses, ce pays offre en effet de nombreux spots où il est possible, en hiver comme en été, de « débouler » à des vitesses de 50 ou 60 km/h.

 

Outre la pente qu’il convient de sélectionner avec précaution voire de sécuriser,  l’essentiel de l’activité tourne autour d’une zorb ball constituée de deux sphères en plastique transparent en PVC ou TPU. L’enveloppe externe, en contact avec le sol de la pente a un diamètre 2,5 et 4 mètres. Elle est séparée de la petite sphère intérieure destinée à accueillir un ou plusieurs « zorbonaute» par un matelas d’air d’environ 60 cm qui les protègent des chocs. Un sas qui traverse les deux enveloppes permet d’accéder au cœur de ce véhicule quasi impossible à piloter. D’où les sensations procurées par les rotations dans toutes les directions mais aussi les risques de collision avec les obstacles lorsqu’on pratique le hors-piste.

Les polymères des fortes têtes

La pratique des sports extrêmes implique toujours un risque de chute et de collisions, à des vitesses élevées, avec des obstacles acérés ou d’autres compétiteurs. Plus que sur n’importe quel chantier, le port du casque est donc obligatoire. Même s’ils varient selon la discipline, tous possèdent la même structure. Pour la coque extérieure, on privilégie des polymères résistant à la rupture et à la pénétration tout en absorbant les chocs. De plus en plus, les composites plastiques renforcés de fibres de carbone ou de verre remplace désormais l’ABS (acrylonitrile butadiène styrène), plutôt cantonné désormais aux parties amovibles qui protègent le visage et le cou. Cette première barrière est complétée par une couche interne de mousse destinée à absorber l’énergie de l’impact. Longtemps utilisé le polystyrène expansé est désormais supplanté par des mousses de polypropylène dont la résilience supérieure garantit une protection plus durable.

Une ultime protection imaginée pour les sports extrêmes a été développée par d’anciens chercheurs du Royal Institute of Technology de Stockholm et commercialisée sous le nom de MIPS Brain protection system par les principaux fabricants de casques. 
Le Multi-directional Impact Protection System protège des impacts obliques qui surviennent le plus souvent lors des chutes en provoquant, par effet de rotation, de graves lésions à la tête. Pour la protéger, on fixe au casque, avec des attaches en fibres aramides, une troisième coque moulée dans un fluoropolymère antifriction qui, au contact du crâne, peut coulisser quel que soit le sens de l’impact.

 

Bikers sous haute protection

Les accessoires de protection ne sont pas réservés aux débutants. Ils sont également indispensables dans la pratique des sports extrêmes et périlleux dérivés du skate ou du VTT. 
Si les skateurs, adeptes d’un look cool propre à la street-culture, se contentent souvent d’un casque, les fans d’enduro ou de mountain bike n’hésitent pas, pour leur part, à adopter l’allure de Robocop. Jambières, coudières, genouillères…  La plupart de ces protections sont d’ailleurs obligatoires en compétition. 
Comme les casques, elles sont dotées d’une coque externe en ABS destinée à encaisser l’impact… Voire de plusieurs coques articulées lorsque la protection couvre toute l’articulation et une partie des membres associés.

Ce bouclier est le plus souvent doublé d’un coussin en mousse d’éthylène-vinyle-acétate (EVA) gainé dans des tissus extensibles et souples en fibres néoprène ou élasthanne et doté de sangles Velcro.

Exposés à chute semblables à celles du moto-cross, les bikers ont adopté l’usage d’un plastron renforcé doublé d’une protection dorsale qui se présente parfois sous la forme d’un gilet ou d’une veste à enfiler. C’est sur ce type d’équipement que les fabricants en pointe ont fait connaître leur matériau le plus innovant, en remplaçant les mousses EVA par une pâte polymère viscoélastique souple qui durcit sous l’effet d’un choc et reprend ensuite sa forme initiale. Idéal pour prendre une veste sans se vautrer !

 

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