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Les plastiques à la rescousse de la maîtrise de l’énergie
Face aux enjeux liés au réchauffement de la planète, les matériaux plastiques apportent eux aussi leur lot de solution. Aujourd’hui les industriels consacrent une large part de leurs recherches à la mise au point de nouveaux matériaux répondant à des exigences environnementales de plus en plus élevées.
Les plastiques à la rescousse de la maîtrise de l’énergie
Les plastiques à la rescousse de la maîtrise de l’énergie

Du plastique à l'actif des maisons passives

Depuis déjà plusieurs décennies, les plastiques contribuent à réduire la consommation d’énergie de nos habitations : fenêtres en PVC, plafonds tendus climatisants, panneaux et mousses d’isolation… Il n’est donc pas étonnant qu’on les retrouve au cœur des maisons passives !

La maison passive devient réalité

Il n’y a pas si longtemps, la maison dite passive n’était qu’un concept, voire une chimère. En effet, un bâtiment passif consiste à pousser l’efficacité énergétique au maximum, puisqu’il doit garantir, été comme hiver, une température ambiante agréable et ce avec une consommation énergétique très faible (soit 12-15 kWh/m2/an).

Ce concept d’habitation, aussi baptisé « maison basse énergie », est né à la fin des années 1980 dans les pays scandinaves. Au début des années 1990, quatre maisons de ce type étaient construites en Allemagne en utilisant des procédés certes novateurs, mais surtout sur mesure. Nous étions encore bien loin de l’industrialisation.

Trois piliers pour un concept

Le concept de maison passive repose sur trois piliers essentiels. Le premier, le plus important, est l’isolation des murs. Le deuxième consiste en la bonne gestion des flux d’air au moyen d’une ventilation mécanique contrôlée à double flux. Ce système de double flux permet non seulement de renouveler l’air du bâtiment, mais aussi de récupérer la chaleur présente dans l’air de l’habitat afin de chauffer l’air provenant de l’extérieur. Cet « air neuf » est donc chauffé à moindre coût ! Notons que cette innovation a vu le jour lors de la création des premières maisons passives. Enfin, le dernier pilier concerne la gestion des fenêtres (triple vitrage, ouvertures plus importantes au sud qu’au nord), et par conséquent la chasse aux ponts thermiques, points de jonction où la rupture de l’isolation provoque des pertes de chaleur.

Pilier numéro 1 : l'isolation

A la question : pourquoi une bonne isolation est-elle indispensable ; bien des personnes répondront spontanément : pour empêcher l’air froid d’entrer ! Réponse partielle, car une isolation efficace doit aussi empêcher l’air chaud de sortir. Les solutions d’isolation, souvent satisfaisantes dans le cadre d’une construction traditionnelle, sont nombreuses sur le marché. Mais, pour une maison passive, les impératifs sont si élevés que la plupart des matériaux existants (laine de roche, polystyrène traditionnel, ouate de cellulose…) n’assuraient pas une isolation ad hoc. La mise au point de nouveaux matériaux s’imposait !

La révolution du Neopor®

Très investi dans la conception d’immeubles passifs, le groupe BASF a donc demandé à ses équipes de recherche de plancher sur la création d’un matériau capable de répondre aux contraintes imposées par ce type d’habitation. Ainsi est né le Neopor®. « Il s’agit en fait d’une évolution du Styropor®, un matériau isolant que nous fabriquons et qui possède déjà un très fort taux d’éco-efficacité », explique-t-on chez BASF. Le Neopor® est un composite de polystyrène et de graphite de granit qui « travaille » par thermo-réflexion et qui est 30 % plus isolant que du polystyrène classique. « S’il est intrinsèquement efficace, ce matériau possède également le net avantage de pouvoir être posé à l’extérieur des bâtiments. Il assure un excellent barrage thermique et permet d’éviter tous les ponts thermiques. Bien entendu, il est possible de l’utiliser aussi bien pour la construction de bâtiments neufs que dans un cadre de réhabilitation. »

De la maison 3 litres...

Une maison passive digne de ce nom est quasiment autonome pour ses besoins de chauffage. Entendez par là qu’elle utilise un système de chauffage traditionnel de façon ponctuelle uniquement, en cas de grand froid. Dans ce cadre, l’allemand BASF a développé « la maison 3 litres », qui ne consomme que 3 litres de fuel par an et par mètre carré, contre 20 pour une maison traditionnelle… L’apport énergétique se fait grâce à des panneaux solaires (principalement pour l’eau chaude) et via le métabolisme des habitants : en effet, les êtres vivants, en se déplaçant, dégagent de la chaleur qui suffit à maintenir une température dite de confort. Bien évidemment, pour fonctionner, la maison doit être parfaitement isolée.

...à la maison 2 litres

Une nouvelle directive européenne relative aux performances énergétiques exige que tous les nouveaux bâtiments soient « presque zéro énergie » à l’horizon 2020. Dans ce cadre est sorti de terre en 2009, avec dix ans d’avance donc, un projet de « maisons 2 litres » à Ozzano dell’Emilia, près de Bologne, en Italie. Il a été lancé à l’initiative de l’Association italienne de l'industrie du PVC (PVC Forum) et de l’Association italienne des producteurs de polystyrène expansé (AIPE). Ce projet porte sur cinq maisons familiales séparées dont les performances énergétiques font l’objet d’un suivi sur une durée de cinq ans. Mais toute l’originalité de cette initiative réside dans ces principes fondamentaux de conception qui allient économie d’énergie et analyse du cycle de vie des matériaux utilisés (extraction des matières premières, préparation de produits semi-finis, production d'éléments individuels, transport, construction, entretien, démolition et recyclage).

Face à ce challenge en termes d’éco-efficacité et de performance durable, le PVC et le PSE (polystyrène expansé) notamment ont constitué des solutions idéales. On retrouve le premier pour la toiture, les fenêtres, les gouttières, l’isolation des fondations, des câbles, les tuyaux pour approvisionnement en eau, etc. et le second pour tout ce qui est isolation de toiture, du sol, des murs intérieurs.

Les premiers mois de suivi ont montré que la consommation d’énergie se situait bien dans la tranche des 12-15 kWh/m2/an conformément aux critères de la maison passive.

Buildtog : un futur standard de bâtiment social passif ?

Fort de son expérience, BASF a choisi de créer un pôle d’expertise en efficacité énergétique, mettant de cette façon le fruit de ses recherches à la disposition des constructeurs et des bailleurs sociaux. Et déjà les projets fleurissent ! Certains sont même particulièrement ambitieux, comme le projet européen Buildtog* : un unique programme de construction de logements sociaux de type passif implantés aux quatre coins de l’Europe. Sur le continent, ce sont aujourd’hui 25 bailleurs sociaux qui adhèrent à ce projet.

* Buildtog vient de "build together" qui signifie « construire ensemble »

POUR EN SAVOIR PLUS

www.basf.fr
point.infos@basf.com

 

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