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Produits à usage unique : bien plus utiles que futiles !
Favorisés par des performances techniques et des coûts de fabrication très avantageux, les plastiques ont été le fer du succès des produits à usage unique. Une vogue aujourd’hui décriée, sauf pour les usages professionnels où la sécurité importe autant sinon plus que la dimension pratique.
Produits à usage unique : bien plus utiles que futiles !
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Moins de risques avec les plastiques et l'usage unique !

Les non-tissés synthétiques réinventent le nettoyage à sec

Protections intimes et autres lingettes à usage unique ont séduit  les consommateurs par leur facilité d’utilisation. Plus d’un tiers des non-tissés synthétiques sont destinés à l’hygiène intime ou domestique, segment en croissance régulière depuis plusieurs années. Pourtant, d’aucuns préfèrent oublier que le principal mérite de ces produits est de tenir la saleté et ses résidus à l’écart du cycle de l’eau… Tout en réduisant drastiquement la consommation de cette précieuse ressource. Pire, certains semblent ignorer qu’une fois utilisés, c’est bien dans la poubelle qu’ils doivent finir leur vie, et non dans le réseau d’évacuation des eaux usées.

 

Ce rappel est d’autant plus opportun que cette évidence ne fait plus aucun doute pour le garagiste, l’aide-soignante ou le personnel de restauration collective ou de maintenance industrielle.
Chaque jour, ces professionnels utilisent des lavettes microfibres en polyester ou des chiffons absorbants en polypropylène pour éviter la dissémination, par voie aérienne ou humide, des graisses, hydrocarbures et autres résidus toxiques ou contaminés... Quant aux entreprises, elles ont parfaitement compris l’intérêt de ces produits d’essuyage technique à usage unique ou très court. Il leur suffit de comparer le coût de l’élimination des déchets d’entretien par voie sèche avec celui du traitement de produits d’essuyage réutilisables… Lequel peut s’avérer prohibitif en milieu industriel ou hospitalier.

Bien couverts avec les polymères

Dans nombre de situations, le recours aux produits à usage unique n’est plus une option mais une obligation. Elle s’impose aux professionnels, dans nombre d’activités, comme à leurs visiteurs et usagers. 
Parmi ces produits destinés à la santé et la protection des personnes, les non-tissés en fibres synthétiques occupent également une place de premier plan en raison de leurs propriétés « barrière » contre les contaminations dans les environnements sensibles ou stériles et contre les risques toxiques ou radioactifs, en milieu industriel. Leur efficacité est obtenue, à moindre coût, grâce aux polymères les plus courants, le polyester mais surtout le polyéthylène et le polypropylène…

Le pionnier, dans ce domaine, est sans doute le film Tyvek®, le célèbre non-tissé à base de polyéthylène à haute densité inventé par DuPont, en 1955 et surtout connu sous la forme du « papier » des enveloppes indéchirable. En réalité, cette membrane donne vraiment la mesure de ses capacités dans les vêtements de protection à usage unique ou court. A la fois solide, étanche et respirant, elle permet, suivant les versions, de travailler toute sorte d’environnements sensibles… En présence, par exemple, de solvants toxiques, chez Airbus ou de particules radioactives, dans les centrales nucléaires voire, en brousse, pour permettre aux personnels de MSF de soigner les victimes d’Ebola.

En milieu médical, cependant, les professionnels privilégient plutôt les non-tissés à base de polypropylène, notamment les membranes SMS. Composées d’au moins de 3 couches alternant des fibres longues, épaisses et résistantes dites Spunbond (ou filées fondues) et des microfibres aux propriétés filtrantes et antibactériennes dites Meltblown (ou soufflées en fusion), ces non-tissés entrent dans la fabrication de la plupart des blouses, draps et champs opératoires à usage unique présents aujourd’hui dans le secteur de la santé… Efficaces à la fois pour la protection des personnels et contre les contaminations croisées, ils permettent aussi par ailleurs de protéger les process de fabrication agro-alimentaires ou cosmétiques.

Les biotechnologies parient sur l'usage unique

Les dispositifs médicaux à usage unique se sont imposés dans le secteur médical, depuis la salle d’opération jusqu’aux cabinets de soins infirmiers.  Depuis une dizaine d’années, le principe de l’usage unique gagne les process biopharmaceutiques basés sur des cultures cellulaires devenues nécessaires à la fabrication d’un médicament sur deux.
Certains fabricants proposent à cet effet des mélangeurs et des bioréacteurs modulaires composés de réservoirs, de tuyaux et de connecteurs à usage unique en plastique. Ce type d’équipements présentent de nombreux avantages : pas de contaminations croisées, pas de nettoyage, des produits pré-stérilisés, des procédures de test allégées et surtout des investissements réduits grâce à l’usage de matières plastiques performantes, accessibles à moindre coût. Sans compter la diminution de taille des installations et la flexibilité d’exploitation.

Les bioréacteurs Mobius® présentés par Merck Millipore en 2014 illustrent parfaitement cette nouvelle génération de «plastic biofactory» intégrant toutes les étapes de la culture cellulaire. Au cœur du dispositif, le réservoir souple est raccordé à un circuit de tubage et de connecteurs tout plastique. Il est constitué d’une poche amovible fabriquée dans un film copolymère composé de deux couches centrales imperméables aux gaz, recouvertes de deux couches de polyéthylène à ultra basse densité (ULDPE) dont l’une en contact avec le bouillon de culture. Avantage, avec des capacités variables de 3 à 2000 litres, ce type de bioréacteurs à usage unique s’adapte aux besoins de tous les laboratoires.

Textiles techniques pour levage unique

Apparu sur le marché levage il y a une quarantaine d’années, les élingues de levage en textiles ont rapidement conquis les professionnels grâce à leurs atouts techniques, légèreté et souplesse, et leur prix compétitif.
L’élingue est une sangle en textiles synthétique supportant la charge à soulever terminée par des accessoires métalliques d’accrochage à l’appareil de levage comme une grue ou un palan. Sa fabrication, à partir de fibres polyester, polyamide ou polypropylène, obéit à des normes techniques précises. Quant à son utilisation, sécurité oblige, elle fait appel à des compétences spécifiques reconnues aux seuls élingueurs. 
Pour faciliter leur intervention, notamment lors de l’arrimage qui constitue la manipulation la plus délicate, certains fabricants ont créé des élingues à usage unique. Contrairement aux élingues conventionnelles, ces dernières sont installées sur le produit sur le site de fabrication et restent liées à la charge jusqu’à sa mise en place définitive afin d’éviter toute initiative d’élingage dangereux sur le chantier.

Fabriquées avec les mêmes fibres synthétiques, les élingues à usage unique offrent des caractéristiques mécaniques correspondant exactement aux contraintes physiques de la charge durant les opérations de levage. Mais on utilise délibérément des polymères plus sensibles aux agressions mécaniques et aux ultraviolets afin que les performances soient limitées dans le temps. Car, bien sûr, toute réutilisation est évidemment proscrite. 
Pour s’en assurer, la plupart des élingues sont désormais équipées d’un dispositif autodestructeur actionné lorsqu’on le libère la charge, par exemple, une simple bague tranchante en plastique préalablement verrouillée par un clip sur la bande textile.

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