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Ces plastiques qui valent le voyage
Encore réservé à une élite il y a quelques décennies, le voyage se démocratise. Si Internet en a révolutionné l’organisation, les polymères ont, quant à eux, grandement facilité sa pratique en assurant aux voyageurs un confort optimum.
Ces plastiques qui valent le voyage
Ces plastiques qui valent le voyage

Les plastiques jouent les aventuriers

Les européens ont la bougeotte

Selon Eurostat, plus de 450 millions d’Européens, soit 60 % de la population, voyagent au moins une fois par an. Bien entendu, les disparités entre pays sont conséquentes puisque ces chiffres concernent 90 % des Finlandais contre 22 % des Bulgares… Et encore, les différences ne s’arrêtent pas là, car au sein même de la famille des voyageurs, la notion de voyage n’est pas la même pour tous. Entre le baroudeur aventurier et l’amateur d’hôtels de luxe, les points communs sont peu nombreux, si ce n’est que chacun est à la recherche du meilleur confort possible pour pouvoir profiter pleinement de ce temps de détente. Les voyagistes, les compagnies de transport et les fabricants de matériel ont bien compris ces attentes et exploitent les formidables qualités des plastiques pour proposer des services et des produits qui soient au niveau des exigences de leurs clients.

Les sacs à dos défient les lois de la gravité

Savoir choisir son sac à dos est tout un art et relève bien souvent d’un véritable jeu de patience. La faute aux polymères qui, en améliorant sans cesse cette valise dorsale, en ont fait un produit d’une très grande technicité, due en partie aux polyamides de type Nylon. Bien sûr, le Nylon est beaucoup plus léger que la toile de coton graissée utilisée sur les premiers modèles, mais ça n’est pas là son seul avantage. La souplesse et l’élasticité de cette fibre permettent aujourd’hui de concevoir des modèles qui, après réglage des sangles, répartissent idéalement les poids tout en s’adaptant parfaitement à la morphologie du porteur. Certains fabricants parlent même de solutions antigravité.

 

Et pour couronner le tout, en ce qui concerne les modèles les plus haut de gamme, une toile élastique aérée est ajoutée sur la partie dorsale pour éviter que le dos ne soit directement au contact avec le sac. L’air circulant mieux, le randonneur ne transpirera plus inutilement.Enfin, la plupart du temps, les bretelles et la ceinture sont rembourrées d’une mousse de Néoprène pour amortir les chocs et surtout annuler tout effet tranchant des bretelles. Bien entendu, les polyamides utilisés sont parfaitement imperméables et maintiennent au sec toutes les affaires emportées.

 

 

Ma maison dans une pochette

Même les aventuriers doivent se reposer… Au fin fond du désert, au sommet d’un col enneigé ou encore en pleine forêt tropicale, le baroudeur doit pouvoir compter sur un abri relativement sécurisé pour passer une bonne nuit. Les refuges étant rares dans la jungle, c’est généralement sous une tente qu’il trouvera le sommeil réparateur. Et dans ce domaine aussi, ce sont les polyamides qui lui facilitent grandement la vie. Avec un poids d’à peine plus d’un kilo, les tentes de randonnée ne pèsent quasiment plus rien. Mieux encore, la grande souplesse du polyamide permet de les rouler en boule et de les insérer dans un sac de quelques centimètres cubes qui tient aisément dans l’une des poches du sac à dos. Elles sont évidemment imperméables, grâce à une enduction de silicone, et même respirantes. Jusqu’alors, leur seul point faible était lié à leurs arceaux souvent réalisés en aluminium, légers, certes, mais relativement encombrants.

Les fabricants avaient déjà tenté de les remplacer par de la fibre de carbone, mais ces arceaux étaient très fragiles et pouvaient casser en cas de mauvaise manipulation. Depuis peu, Easton, un fabricant américain, a réussi à mettre au point un nouveau type d’arceaux en fibre de carbone répondant à toutes les attentes des randonneurs de l’extrême. Pour cela, les ingénieurs ont complètement révolutionné les systèmes d’accroche jusqu’alors fabriqués en aluminium. Les arceaux sont désormais dotés d’une nouvelle pièce en carbone et clipsables. La résistance est accrue et le gain de poids est de l’ordre de 60 % par rapport aux anciens modèles.

 

Polyester pour froid de canard

La nuit tombée et le temps du repos venu, une bonne tente n’est pas suffisante pour se protéger du froid. Le sac de couchage reste essentiel à la panoplie du baroudeur. Il est même considéré comme un élément de survie quand le thermomètre descend sous les -20°. Connue depuis la nuit des temps, la plume d’oie ou de canard, légère, douce, chaude, avec une structure creuse permettant d’emmagasiner puis de piéger la chaleur était le matériau idéal. Idéal ? Pas tout à fait, car la plume a tendance à se tasser ; surtout, elle supporte très mal l’humidité. Fjallräven, fabricant suédois de vêtements polaires, en collaboration avec l’autrichien Goldeck Textil, a réussi un tour de force en créant une fibre synthétique à base de polyester qui a toutes les qualités du duvet sans ses défauts.

Dans les faits, il s’agit de fibres polyester creuses et extra-fines (dont 10 % proviennent de polyester recyclé) ayant la particularité de former des grappes, créant ainsi une multitude de petites poches d'air qui isolent du froid. La structure moléculaire des fibres est à effet de mémoire. Plus simplement dit, ces fibres reprennent automatiquement leur forme d'origine après avoir été comprimées. Et, comme c’est le cas pour de nombreux polymères, elles sont insensibles à l’humidité. L’enveloppe de ces duvets est conçue quant à elle à partir d’un polyamide respirant. Il ne s’agit pas ici seulement d’une question de confort : ce tissu évacuant l’humidité liée à la transpiration, cela évite aux amoureux du grand froid de se retrouver pris dans un bloc de givre au petit matin.

Un airbag antiavalanche

Avec l’Avalanche Airbag System, les alpinistes ont eux aussi leur airbag, lequel fonctionne sur le même principe que celui qui équipe les voitures. Il est constitué d’un sac en polyamide aux coutures renforcées, relié à une bouteille de CO2. Pris dans une avalanche, l’alpiniste tire sur une poignée qui permet, en quelques millisecondes, le gonflage d’un ou plusieurs sacs pour un total de 150 litres. Grâce à lui, la victime doit flotter en surface, ce qui lui évite d’être ensevelie sous des tonnes de neige. Le principe repose sur la théorie de l’écoulement des matériaux qui montre que, lors d’une avalanche, les particules les plus volumineuses remontent plus rapidement en surface. L’ensemble du système tient dans un petit sac à dos d’une trentaine de litres dans lequel il est possible d’ajouter tout le matériel destiné à une sortie à la journée. Apparu sur le marché il y a une vingtaine d’années, ce dispositif multiplie par trois la chance de survie en cas d’avalanche.

Une gourde pas si gourde

Comment gérer le problème de l’eau lors d’un long trek ? Il n’est bien évidemment pas question de transporter les nombreuses bouteilles nécessaires à une bonne hydratation, et quant à l’eau déshydratée, elle n’a toujours pas été inventée ! Il y a peu de temps encore, la meilleure solution consistait à faire bouillir de l’eau récupérée dans la nature. Opération longue, fastidieuse et qui demandait surtout de la préparation. Il existe désormais des gourdes munies de filtres polymères dont les pores, d’une taille de 0,1 à 0,3 micron (micromètre) retiennent à peu près toutes les impuretés. Certains filtres sont uniquement mécaniques, d’autres y associent des traitements chimiques, du charbon actif et des particules d’argent pour tuer quasiment 100 % des bactéries. Le procédé est relativement rapide et permet donc de se désaltérer quand on le souhaite. L’intérêt est énorme, car ces filtres sont si performants qu’ils autorisent le prélèvement de l’eau à peu près partout.

Autre avantage, ils sont bien entendu réutilisables plusieurs fois. Une seule gourde est généralement suffisante pour toute la durée d’une randonnée, puisqu’elle assure la filtration de 200 litres d’eau.

Aventurier cherche connexion

Au risque de casser quelque peu le mythe, rares sont ceux qui décident de partir à l’aventure en se coupant totalement du monde. Seul problème, les smartphones et autres tablettes supportent très mal les milieux humides, la poussière ou les chocs. Il convient donc de les protéger du mieux possible. On connaît déjà les coques en silicone, souvent fantaisies mais très peu efficaces en cas de choc violent. Heureusement, la solution a été trouvée grâce à un polymère baptisé composite RPT (pour Reactive Protection Technology). Difficile de savoir ce qui se cache derrière ce nom. Nous savons seulement que ce polymère est à base de silicone et d’un tissu de type Kevlar. Il se durcit lors de l’impact et absorbe 90 % de l'énergie. C’est la protection absolue face aux chocs les plus rudes et aux conditions les plus extrêmes. Plus qu’une simple coque, il s’agit, et c’est là son moindre défaut, d’un étui fermé par une fermeture à glissière étanche qu’il faut ouvrir pour répondre à un appel.

Enfin, pour être certain de pouvoir passer un appel, en cas de détresse, par exemple, il existe toute une gamme de chargeurs munis de capteurs solaires organiques prévus pour recharger les appareils en quelques heures seulement.

 

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