Paroles d'expert 2 min

Plein phare sur l’upcycling

Rencontre avec Sarah Turner, écodesigner britannique, dont les œuvres fabriquées à partir de matériaux de récupération rencontrent désormais un vif succès auprès des amateurs de décoration intérieure. La grande sophistication de ses lampes et leurs couleurs chatoyantes en font même de véritables « must have ».
Plein phare sur l’upcycling
Plein phare sur l’upcycling

Pouvez-vous vous présenter, quel est votre parcours ?

Je me considère comme une écodesigner, c’est un terme que j’ai inventé et qui, je pense, me définit assez bien. Depuis toute petite, j’aime créer des objets à partir de déchets. Enfant, je conservais les boîtes de céréales, les pots de yaourts, etc. pour en faire quelque chose. Plus tard, j’ai suivi un cursus en design à l’université. Je travaillais alors à temps partiel dans un café. C’est là que j’ai commencé à récupérer les bouteilles en plastique en vue de les « upcycler » en les transformant en tout autre chose, notamment en objets du quotidien, comme des lampes par exemple. Ce concept ne m’a depuis jamais quitté.

Pour quelle raison privilégiez-vous les déchets ménagers ? 

Je ne travaille en effet qu’à partir de déchets ménagers, et plus spécifiquement à partir de bouteilles en PET ou encore de canettes de soda. J’ai choisi ces matériaux, car nous ne les recyclons pas assez et qu’ils finissent encore trop souvent en décharge, où ils mettent des décennies à se décomposer. Et puis, ce sont des déchets du quotidien, ils ne sont pas rares. Mais j’aime aussi créer à partir de bobines de cassettes vidéo, de sacs en plastique…

 

 

Comment vous procurez-vous la matière première ?

Dans les cafés, les restaurants… Je commence à être assez connue, et mon voisinage sait ce que je fais. Il est assez fréquent, au petit matin, que je trouve devant ma porte un gros sac rempli de bouteilles vides ou de bidons.

 

 

Quel est votre processus de fabrication ?

Je commence toujours par nettoyer les bouteilles avec du sable sous pression. Cela permet non seulement de les nettoyer mais aussi et surtout de les dépolir. Elles ont ainsi un aspect opaque que j’aime particulièrement. Ensuite, je les découpe en fonction des formes que je recherche et je les teins de différentes couleurs. Il ne me reste plus qu’à créer ! Je cherche à tirer profit au maximum de la structure des plastiques que j’utilise et de leur forme initiale. C’est une matière très propice à la création que l’on peut travailler à l’envi pour modifier de façon étonnante son aspect. D’ailleurs, rares sont ceux qui, d’un simple coup d’œil, reconnaissent une bouteille d’eau usagée lorsqu’ils regardent mes objets.

Considérez-vous l'upcycling comme un acte militant ou une simple forme d'art ?

Un peu les deux je pense ! L’upcycling n’a de sens que s’il s’accompagne d’un véritable processus de création. Mais c’est aussi une façon de s’impliquer dans la sauvegarde de notre environnement. C’est un mouvement encore jeune mais qui, j’imagine, est appelé à un grand avenir, car nombreux sont les artistes et les designers à s’y intéresser de près.

 

 

Vous êtes aujourd'hui une artiste reconnue, pouvez-vous nous parler de vos expositions ?

J’ai en effet la chance d’exposer, et l’on a pu voir mes œuvres en Angleterre, certes, mais aussi en France, aux Etats-Unis et en Italie. Les galeries ne sont pas les seules à s’intéresser à mon travail. Je suis assez souvent sollicitée pour participer à des Salons sur le design ou encore sur l’environnement. C’est bien la preuve que mon message passe bien !

 

POUR EN SAVOIR PLUS

www.sarahturner.co.uk/

Cet article vous a plu ? Vous allez aimer les suivants !
  • Quand le plastique fait barrage !
    Paroles d'expert 4 min
    Quand le plastique fait barrage !

    Rencontre avec Riad Kaddoura, directeur de la société belge Egow, spécialisée dans les solutions de protection contre les inondations et les pollutions....

  • Un magasin 100% récup’
    En bref 1 min
    Un magasin 100% récup’

    A Shanghai, le dernier chic est de se rendre dans le tout nouveau magasin Nike… fabriqué à partir de bouteilles en PET, de CD et de canettes usagés. Un concept 100% respectueux de l’environnement. ...

  • 200 000 mégots pour un fauteuil
    En bref 1 min
    200 000 mégots pour un fauteuil

    Depuis mai 2012, Tom Szaky, un jeune américain PDG de l'entreprise TerraCycle, s'est lancé dans un vaste programme de recyclage des mégots de cigarettes outre-Atlantique. Fort de son succès, il envisa...