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Las plastiques font leur cinéma !
Forts de leur talent protéiforme, les plastiques règnent sur les plateaux et dans les coulisses des studios. Maquillages, costumes, décors, accessoires… Partout où s’exerce l’art du trompe-l’œil, ils offrent une doublure idéale à la plupart des autres matériaux. Un rôle dans lequel, même les images de synthèse ne sont pas parvenues à les détrôner.
Las plastiques font leur cinéma !
Las plastiques font leur cinéma !

Les plastiques crèvent l'ecran

Bas les masques !

Avatar l’a prouvé, la motion capture a de beaux jours devant elle. Mais l’ordinateur ne fait pas tout. Le maquillage reste indispensable. À ceci près qu’aujourd’hui le make-up utilise plus de polymères que de fonds de teint.  Eux seuls, en effet, permettent d’identifier l’acteur à son personnage, en toute situation, tout au long de sa vie. Preuve en est faite avec La Môme, où Marion Cotillard ressemble trait pour trait à Édith Piaf, derrière son fard. Idem pour Brad Pitt, crédible dans la peau d’un Benjamin Button de plus de 80 ans. Pour cela, les maquilleurs ont recours à des masques en mousse de latex. Spécialement conçus pour s’adapter à la physionomie des acteurs, ils sont sculptés grâce à un moule du visage de l’acteur, en résine, dans lequel on coule le latex. Vous doutez du résultat ? Regardez Tom Cruise dans Mission Impossible 3  qui change de tête en deux temps trois mouvements ou Robin William qui grâce à sa prothèse faciale devint une Mme Doubtfire qui lui valut l’oscar du meilleur maquillage!

Trucages sang pour sang plastiques

Les plaies peu crédibles au ciné, c’est terminé ! Désormais, les blessures ont l’air plus vraies que nature. Dans ce domaine, le silicone est fréquemment utilisé. Il peut être appliqué comme un film polymère pour devenir une seconde peau et faire ainsi l’effet d’une plaie, d’une brûlure ou d’une cicatrice que l’on va ensuite peindre grâce à des colorants, à base de silicone, également. 
Ce procédé a été labellisé par l'Art and Creative Material Institute, qui fait autorité pour les matériaux de création. Il peut être aussi utilisé comme silicone de série, pour créer à l’avance des blessures à coller, comme celles qu’on voit dans les films d’horreur. De plus, sa souplesse lui permet d’épouser les mouvements de la peau et d’adhérer dans les zones fragiles comme les articulations. Pour des blessures plus légères comme les hématomes, le latex liquide permet un rendu plus intéressant. Bref, si les silicones sont plutôt gore, le latex aime la baston.

L'étoffe des super-héros

L’époque où Christopher Reeves sautillait dans son collant en Spandex, une fibre élasthanne dérivée du polyuréthane réputée pour son élasticité, est révolue. Depuis, les costumes designers ont fait des progrès grâce aux polymères et pour les superhéros s’est ouvert une nouvelle ère. 
Les costumes d’aujourd’hui ne sont plus de simples vêtements. Ils s’apparentent davantage à des prothèses parfaitement ajustées au corps de l’acteur pour laisser ses muscles apparents, lesquels sont souvent soulignés par une coque en résine polyuréthane. 
Globalement, les matériaux classiques comme le similicuir, l’élasthanne et les mousses de latex sont toujours utilisés, mais selon des combinaisons particulières. Toujours d’actualité, l’élasthanne plus résistant que le latex sert surtout aujourd’hui à constituer l’intérieur du costume pour assurer une plus grande mobilité à l’acteur.

Une garde-robe de 13 millions de dollars

Peter Parker bricolant son costume de Spiderman dans sa chambre la nuit, c’est très touchant, mais peu crédible. Les costumes des grosses productions représentent actuellement un élément fondamental qui concentre de gros moyens en design et technologie. Pour le film Tron l’Héritage, la production a déboursé près de 13 millions de dollars pour fabriquer les costumes lumineux  semblables à ceux du film antérieur. Empruntée à une firme japonaise, le procédé consistait à recouvrir le tissu  d’une douzaine de couches d’un polymère flexible saupoudrées de particules métalliques conductrices d’électricité puis d’une poudre fluorescente réagissant comme une gélatine de cinéma. Les costumes des Sirènes ont été créés en vaporisant du caoutchouc sur de l’élasthanne pour leur donner un aspect ultra lisse. Particulièrement étroits et moulants pour les acteurs, ces costumes, très fragiles, devaient être maniés avec précaution, même pour tourner les scènes d’action !

La pâte à modeler aussi fait son ciné

Désuète la pâte à modeler ? Pas si sûr. Depuis les années 1980, le film Wallace et Gromit a inspiré toute une génération de film d’animation avec des personnages réalisés en pâte à modeler. 
Wallace et Gromit étaient eux en plasticine, matière composée de cire, d’huile et de plastifiant. Ce matériau présente la particularité de ne pas sécher et donc de pouvoir être constamment réutilisée. 
Tim Burton lui a emboîté le pas pour L’étrange Noël de Monsieur Jack, réalisé grâce à la technique du stop-motion. Cette technique consiste à modeler des personnages en silicone et en plasticine. Ceux-ci sont ensuite photographiés en décomposant les mouvements un par un. Une fois les photographies assemblées, il ne reste plus qu’à gommer les imperfections de mouvements pour gagner en fluidité et le tour est joué. Le résultat ressemble à de la 3D !

Que le plastique soit avec toi !

Georges Lucas avait bien compris le potentiel offert par les polymères en matière d’effets visuels. Sans plastique, point de saga intergalactique ! Prenez Chewbacca : son masque doté de mâchoires mécaniques articulées, garnies de dents en résine acrylique, a fait de notre wookie préféré une star du ciné. Sous la carapace en composite du fidèle C-3PO (une matrice en résine époxy et fibre de verre), c’est aussi un acteur qui se cache. À la différence de maître Yoda. 
Bien qu’il ne soit pas le jouet de l’Empereur, il n’en reste pas moins une marionnette en mousse de latex qui mobilise plusieurs opérateurs. 
Jabba, quant à lui, s’apparente davantage à une limace de Troie où, sous une coque en matériaux composites recouverte d’une peau en mousse de latex, se démènent trois manipulateurs. Mis à part le sympathique Jar Jar, peu de personnages sont 100 % virtuels. Et pour autant, ces monstres en plastique remplissent parfaitement leur contrat !

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