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Ces plastiques qui nous sauvent la vie
Les plastiques sont à l’origine de nombreuses innovations dans le domaine médical. Les avancées technologiques récentes ont ouvert la porte à de nombreux espoirs, pour les patients et les professionnels, en matière de chirurgie, de soins, de lutte contre les infections et de traitement des maladies graves.
Ces plastiques qui nous sauvent la vie
Ces plastiques qui nous sauvent la vie

La vie sur mesure avec les polymeres resorbables

La médecine est peut-être le domaine où les plastiques biodégradables sont les plus utiles. Qualifiés alors de résorbables, ces polymères sont utilisés pour les prothèses orthopédiques temporaires ou les médicaments retard. Ils se ramollissent petit à petit, perdent de leur résistance et finissent par être assimilés par notre corps. 

Les plastiques que j'assimile

En matière de santé, nous absorbons régulièrement nombre de polymères qui, en pharmacie notamment, sont utilisés pour réguler l’assimilation d’un médicament. En effet, les comprimés ou les gélules sont parfois enveloppés d’un film plastique très mince et biodégradable. L’objectif de cet enrobage est triple. Il sert, dans certains cas, à masquer un goût ou une odeur désagréable. De même, il permet une meilleure identification par les professionnels de santé. Enfin, il peut servir à protéger le principe actif du médicament et à réguler sa dispersion, dans notre organisme. Si des matériaux naturels sont encore utilisés pour l’enrobage, les polymères sont incontournables dans le cas des médicaments retard, avec libération du principe actif contrôlée dans le temps voire ciblée en fonction de l’organe visé. C’est le cas, par exemple des médicaments gastro-résistants, c’est-à-dire qui ne se délitent pas dans l’estomac afin de libérer leur contenu, a posteriori, dans l’intestin.

A l'échelle microscopique, les plastiques avancent à pas de géant

Certains plastiques sont désormais indispensables pour cibler l’action des médicaments. Ils permettent en effet de transporter des substances médicamenteuses grâce à des vecteurs à base de cyclodextrines dérivées de l’amidon ou de polymères biodégradables. 
Il s’agit de nanosphères dont le polymère est enchevêtré en réseau ou encore de nanocapsules où il forme la paroi du compartiment huileux ou aqueux qui contient le médicament.  Ces nanocapsules circulent plus longtemps dans le système sanguin, ce qui accroît les chances d’atteindre leur objectif. 
Au lieu de se disperser, les principes actifs sont libérés au bon endroit sans s’être auparavant dégradés. Leur très faible dosage permet de diminuer les effets indésirables chez les patients. De plus, les nanocapsules assurent un camouflage efficace face à  l’organisme. Celui-ci modifie sa réponse immunitaire au médicament qui lui apparaît moins nocif.

Bienvenue aux pansements guerisseurs

Allo, maman, bobo ! C’est peut-être la fin des fastidieuses séances de pansement à répétition… Bientôt, on pourra en même temps, soigner la plaie, lutter contre l’infection et stimuler la cicatrisation.

Il existe, en effet, des pansements guérisseurs sur lesquels on implante un principe actif encapsulé. Les microcapsules sont appliquées sur le textile de soin au moyen d’un liant à base de polymère fixant les capsules sur le tissu (acrylique, polyuréthane, silicone, etc.).

Cette technique permet de retenir le principe actif sur le textile et favorise la guérison du patient.

Cicatrisation plus rapide grace aux plastiques

Des chercheurs ont mis au point récemment des pansements auto-cicatrisants à base de polymères.  Les cellules de la peau du patient sont mises en culture en laboratoire avant d’être placées sur une membrane en polymère à laquelle elles adhèrent avant de se diviser. 
Elles sont ensuite appliquées sur la plaie à soigner et migrent à l’intérieur pour se reproduire et cicatriser la blessure. Cette technologie révolutionnaire qui permet d’éviter le risque de rejet du pansement par l’organisme est déjà utilisée sur les ulcères diabétiques et chez des grands brûlés. 
Des essais cliniques ont été mis en place pour l’étendre à toutes les plaies à longue cicatrisation. À terme, elle devrait permettre une prise en charge moins fastidieuse des patients qui pourraient être soignés à domicile. 

Avec les sutures synthetiques, un point c'est tout !

Vous vous souvenez de l’époque où il fallait retourner à l’hôpital pour faire enlever les fils ?  Cette époque est révolue !

Fabriqués désormais à partir de polymères comme l’acide polylactique (PLA) (lien interne), ou l’acide polyglycolique, les fils de sutures se résorbent tous seuls.  De plus, ces polymères synthétiques résorbables présentent des caractéristiques constantes. Ce qui n’est pas le cas des fils de suture naturels qui de ce fait provoquent parfois des réactions cutanées imprévisibles. Mieux encore, les fils polymères ne provoquent pas de sur-inflammation et facilite la cicatrisation.

Des implants osseux bioactifs

Le même principe vaut également pour les polymères des substituts osseux ou des prothèses non pérennes. Pendant longtemps, on a rafistolé les os cassés à l’aide d’implants en métal ou taillés dans une autre partie osseuse du patient. Désormais, 20 % des greffes osseuses utilisent des matériaux composites à base de résines polymères. 
Leur composition permet d’ajuster la dégradation du matériau à la réparation de l’os fracturé. Ainsi, à la différence des prothèses en métal, il n’est plus besoin d’explanter la pièce une fois l’os guéri. 
Par ailleurs, des recherches récentes ont permis la mise au point d’os artificiels constitués d’une matrice polymère poreuse, renforcée par des particules de céramique. Les cellules osseuses du patient sont injectées dans cette réplique résorbable et s’y développent pour reconstituer l’os manquant.

Les plastiques plus vrais que nature

Des recherches récentes sur les polymères utilisés dans la fabrication des prothèses ont abouti à des solutions qui permettent de reconstituer des éléments du corps humain ou de simuler son fonctionnement naturel.  
Ainsi, l’équipe de Didier Letourneur, du Laboratoire de bio-ingénierie cardiovasculaire de l’INSERM, à Paris, a réussi à reconstituer des vaisseaux à partir de polymères biodégradables. Ces matériaux prennent la forme de très petits tubes et forment une matrice 3D sur laquelle peut se développer une culture cellulaire qui produit des veines ou des petites artères de synthèse.  Grâce à la porosité du polymère, les cellules colonisent l’intérieur du matériau et lorsqu’on la prothèse s’est résorbée, miracle ! Un nouveau vaisseau s’est développé à l’intérieur.   

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