Paroles d'expert 3 min

Disposer d’un atelier d’impression 3D à proximité partout dans le monde.

Rencontre avec Bram de Zwart, fondateur du principal réseau européen de services d’impression 3D en ligne. Un projet qui a rencontré un succès inattendu dès son lancement.
Disposer d’un atelier d’impression 3D à proximité partout dans le monde.
Disposer d’un atelier d’impression 3D à proximité partout dans le monde.

Combien de membres votre réseau rassemble-t-il dans le monde d'aujourd'hui ?

Nous sommes un peu surpris par le succès rencontré par notre initiative. En quelques mois seulement, 3D Hubs est devenu le plus grand réseau mondial d'imprimantes 3D. Il offre actuellement à 5000 utilisateurs enregistrés un accès à 1400 sites ou ateliers d'impression. Actuellement, le rythme d’adhésion au réseau est de l’ordre de 10 nouveaux sites d’impression par jour. Les deux tiers environ sont localisés en Europe et un sur cinq en Amérique du Nord.

Se sont-ils inscrits pour des raisons personnelles ou professionnelles ? 

Depuis sa création, la plateforme 3D Hubs attire plutôt des détenteurs d’imprimantes de bureau. C’est toujours le cas mais, depuis quelques mois, nous observons une croissance inattendue d’inscriptions venant de propriétaires d’imprimantes professionnelles. Cela tient peut-être à notre popularité montante en Amérique. Je ne sais pas. 
Quant aux motivations, je suis convaincu que, compte tenu de leur culture, la majorité des membres de notre réseau ont une approche plutôt professionnelle de l’impression 3D. En fait, plus du quart d’entre eux souhaiterait utiliser leur imprimante de manière plus intensive. Ils sont donc heureux de trouver des nouvelles opportunités grâce à nous. La rémunération des services d’impression 3D constitue bien sûr une forte motivation mais elle n’est pas la seule. L’autre intérêt de ces transactions tient aussi au fait que l’échange de fichiers 3D à imprimer est un formidable stimulant pour la créativité.

Quel est le rôle des plastiques dans le développement de l'impression 3D ?

Aujourd’hui, quoi qu’on en dise, l’offre de matériaux compatibles avec les imprimantes 3D personnelles reste limitée. Je crois que la mise au point de nouveaux polymères adaptés sera un facteur déterminant pour conforter le succès de ce marché. 
L’ABS et le PLA sont les plastiques les plus populaires, mais la demande pour des impressions avec des matériaux comme le nylon, les composite-bois et des polymères souples, comme les filaments en « flexPLA » témoigne de ce besoin de diversification.

 

Les producteurs de matières plastiques ont-ils pris la mesure des enjeux de cette technologie et des attentes des utilisateurs d'imprimantes 3D ?

Je crains qu’ils négligent le potentiel de ce mouvement et les attentes des utilisateurs. D’autant que le développement des imprimantes 3D de bureau ouvre de nombreuses opportunités pour l’expérimentation de nouveaux matériaux. Dans ce contexte, je pense que le concept d’échange de service proposé par Hubs 3D est d’autant plus intéressant. Car il n’existe pas aujourd’hui d’imprimante 3D polyvalente, c’est-à-dire compatible avec les différents matériaux et critères de précision ou de dimension proposés par ailleurs. Donc, même si vous possédez l’imprimante 3D la plus performante du moment, vous pouvez toujours avoir besoin d’un autre modèle.

Quel est le projet le plus remarquable auquel Hubs 3D a contribué au cours des 12 derniers mois ?

Lorsque nous suivons les nombreux projets réalisés au gré des opportunités et des contacts, nous sommes surpris par les diversités des situations auxquelles l’impression 3D en réseau permet de répondre. Une anecdote récente en témoigne : un de nos membres ne trouvait pas de pièce de rechange pour réparer le toit de son cabriolet Saab. Le remplacement complet du toit aurait coûté au minimum 400 à 500€. Finalement, il est parvenu à le réparer, pour 12 €, en 24 heures seulement, en scannant la pièce défectueuse et en l’imprimant en 3D dans l'un des hubs de sa ville.

 

Comment voyez-vous l'avenir de votre entreprise ? Avez-vous des plans pour diversifier ?

Notre objectif à long terme est un accès local à l'impression 3D au plus grand nombre de personnes à travers le monde. Mais nous pensons que le développement de cette technologie ne repose pas seulement sur la réalisation de prototypes ou de maquettes. Ni même sur la création de gadgets ou de cadeaux personnalisés. Au-delà de ses usages actuels, encore un peu futiles, l’impression 3D fournit déjà une alternative sérieuse à la production de masse. Certains de nos membres utilisent déjà notre réseau d’impression 3D pour réparer des objets plutôt que les jeter. 
Cette nouvelle culture de production et de consommation localisée peut contribuer à réduire les déchets, les délais et la pollution liée au transport. Pourquoi ne permettrait-elle pas demain à de grandes marques ou des enseignes de distribution d’assurer leur service après-vente au niveau local ?

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