Paroles d'expert 3 min

Des chapiteaux d'hier aux JO d'aujourd'hui

Romain Ferrari, Directeur général du groupe Serge Ferrari, fabricant de membranes composites souples et promoteur de l’architecture légère.
Des chapiteaux d'hier aux JO d'aujourd'hui
Des chapiteaux d'hier aux JO d'aujourd'hui

A quoi attribuez-vous le succès remporté par vos membranes dans les chantiers de la cité olympique de Londres ?

Le choix de notre entreprise comme fournisseur tient à la fois à notre savoir-faire dans la fabrication de textiles techniques destinés à la construction, à notre expérience avec les principaux concepteurs d’architecture légère et, surtout, à l’approche originale que nous avons développée dans ce domaine. En effet, la performance technique et la qualité des matériaux sont évidemment indispensables pour participer à de grands appels d’offre. Mais, en dernier ressort, c’est grâce à la convergence de notre culture industrielle avec les exigences du projet en matière de développement durable que nous avons été choisis.

Qu'est-ce qui a pu séduire les décideurs londoniens dans votre approche ?

Principalement, c’est le souci des responsables du projet de réaliser des infrastructures « durables », selon les critères écologiques classiques, à savoir, une faible empreinte environnementale, l’utilisation de matériaux recyclés et recyclables, mais, surtout qui ne soit pas destinés, une fois les jeux olympiques finis, à devenir des « éléphants blancs », c’est-à-dire, des équipements surdimensionnés, coûteux à entretenir et à exploiter. C’est sur ce point que notre approche de l’architecture textile fait vraiment la différence.

 

En somme, l'architecture légère est à la fois durable et éphémère ?

Durable, assurément mais éphémère certainement pas ! Disons plutôt que l’architecture textile peut être temporaire, dans un lieu, pour un événement, parce qu’elle repose sur des structures et des enveloppes modulables. Mais ce n’est pas toujours le cas. 

Elle est temporaire au sens où elle s’inspire d’une tradition très ancienne, celle du cirque pour faire simple, dont les chapiteaux doivent être mobiles, donc démontables, mais aussi durer plusieurs dizaines d’années, autant donc que les constructions classiques.  C’est cette culture que nous adaptons aux exigences nouvelles de la Construction.

Quel est l'intérêt des textiles techniques ?

D’abord la légèreté et, avec elle, d’autres avantages comme une moindre consommation de matières premières, d’énergie pour la transformation et donc une empreinte environnementale réduite. Ensuite, la résistance et la longévité qu’autorisent les textiles composites constituées d'une armature polyester enduite de polymères haute performance dérivé du PVC.  
Cela permet de concevoir des enveloppes de bâtiments pérennes. Certains sont fixes comme des gares, des centres commerciaux ou des médiathèques. D’autres sont évolutifs ou mobiles car conçus pour des structures modulaires, comme certains équipements sportifs ou événementiels.

Quels sont leurs avantages par rapport aux revêtements des bâtiments traditionnels ?

Du point de vue de la résistance aux intempéries et de l’étanchéité, ces revêtements sont capables de durer aussi longtemps que ceux des bâtiments traditionnels. Parfois plus même car ils sont souvent moins coûteux à entretenir ou à réparer.

J’ajoute, enfin qu’ils autorisent une grande créativité architecturale au regard, notamment, de la gestion de la lumière naturelle. Ce qui, en plus de la dimension esthétique, est également appréciable pour le confort intérieur, l’éclairage ou la protection contre le rayonnement solaire.

 

L'usage de matériaux plastiques composites n'est-il pas un handicap pour le recyclage ?

En théorie, un matériau composite est en effet plus difficile à recycler. Mais, s’agissant de nos toiles en fin de vie, nous avons trouvé la parade en mettant au point, avec le groupe Solvay le procédé de recyclage Texyloop qui permet la séparation des fibres polyester et du PVC. Texyloop est en effet un procédé de dissolution sélective avec régénération complète du solvant. 
Cependant, selon notre approche du développement durable, ce recyclage nécessaire ne doit être qu’une étape ultime de nos produits. Nous restons convaincus que le grand mérite de nos membranes est d’offrir, au préalable, d’autres alternatives d’utilisations. D’abord le réemploi, dans un cadre similaire, grâce à la modularité, ensuite le réemploi dans de nouvelles applications pour fabriquer des bagages, des bâches ou des tapis de sport… Ainsi, il y a plusieurs vies dans le cycle de vie des matériaux utilisés pour la fabrication de nos produits.

POUR EN SAVOIR PLUS

www.sergeferrari.com/sergeferrari
contact.adhoc@free.fr

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