Au quotidien 4 min
Pêche miraculeuse avec les plastiques !
La vogue récente de la pêche de loisir s’accompagne d’un profond renouvellement des équipements où les plastiques sont largement mis à contribution.
Pêche miraculeuse avec les plastiques !
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Pêche de loisir, les polymères en première ligne

Le nylon, la grande révélation des pêcheurs à la ligne

Pas d’hameçon sans ligne… Telle est la règle pour le pêcheur qui travaille sans filet. Il peut éventuellement s’abstenir de canne, pour pêcher à la traîne… Jamais d’un fil. Crin de cheval, lin, chanvre mais surtout fil de soie… De ces fibres naturelles, seule la dernière a encore des adeptes parmi les pêcheurs à la mouche traditionnalistes, souvent partisans également de la canne en bambou refendu. Tous les autres, quel que soit le type de pêche, se sont convertis aux synthétiques, depuis l’avènement, dans les années 50, du monofilament Nylon. Une nouveauté saluée alors comme une révélation.

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Bien plus résistant que tous ses prédécesseurs, ce fil limite considérablement la casse. Élastique, il permet aussi de compenser certaines maladresses. Toutefois, pour les pêcheurs trèpêche ultime 4s expérimentés, ce manque de rigidité peut s’avérer un inconvénient pour détecter les touches, à distance ou en profondeur, et bien les ferrer… Des situations où le nylon a tendance, en outre, à couler trop lentement en raison de sa faible densité. 
Soucieux de corriger la sensibilité du polymère aux UV, à l’étirement et à l’abrasion, surtout en milieu humide, les fabricants ont développé récemment des filaments renforcés et imprégnés de silicone pour une meilleure glisse… Des traitements qui hissent désormais ces fils Nylon, à l’origine bon marché, au niveau de performances et de prix, des fibres synthétiques introduites plus récemment.

Des polymères sur toutes les lignes

Avide de nouveautés, le monde de la pêche ne pouvait se suffire d’un seul polymère. Première alternative apparue dans les années 90, la tresse composgo2 dimée de plusieurs dizaines de microfilaments en polyéthylène très haute densité s’utilise surtout en corps de ligne dont elle accroît considérablement la puissance tout en réduisant le diamètre. Par exemple, des tresses de 23/100 mm suffisent pour s’assurer une résistance à la rupture à 25 kilos, alors qu’un polyamide renforcé exige un diamètre de 70 ou 80/100 mm. Avec son faible diamètre, la tresse permet d’expédier de petits leurres à bonne distance. Quant à sa rigidité, elle est appréciée sur les leurres qui répondent au doigt et à l’œil aux moindres sollicitations… Comme les hameçons lors du ferrage, notamment en profondeur. À condition toutefois d’utiliser une tresse bien lestée ou, mieux, traitée au fluorocarbone pour augmenter sa faible densité et sa résistance à l’abrasion.

C’est sous cette appellation que les pêcheurs plébiscitent aussi depuis une quinzaine d’années le monofilament en polyfluorure de vinylidène (PVDF), notamment pour les montages en bas de ligne. Très résistant à la rupture, à l’abrasion, à la fois dense et rigide, il réunit toutes les qualités recherchées en profondeur où de plus, il est quasiment invisible grâce à un indice de réfraction proche de l’eau. Dans ce registre, seuls les prédateurs de gros carnassiers lui préfèrent parfois le kevlar ou les fils hybrides, composés d’une âme en fluorocarbone revêtu d’une résine souple.

Festival de cannes pour les composites

Si le fil suffit parfois à la pêche, c’est la canne qui fait le pêcheur. Extension de ses mouvements, elle est l’expression de son type de pêche favori... Quelle que soit la pratique cependant, l’élément central reste le « blank », soit une tige plus ou moins longue et flexible, équipée, à sa base, d’une poignée et, pour la pêche au leurre, d’anneaux. 
Depuis qu’il a renoncé aux cannes en bambou ou en duralium, et plus récemment à la fibre de verre, jugée encore trop lourde, le pêcheur averti n’est pas resté longtemps un adepte béat de la fibre carbone. Pour séduire l’élite des quelques 25 millions de pratiquants en Europe lassés par les cannes en composites souvent sous-traitées en Asie, les marques européennes rivalisent désormais de prouesses technologiques.

ligne fluoLa géométrie assez simple de l’objet est d’ailleurs propice à cette surenchère. Elle permet notamment d’enrouler sur le mandrin correspondant à la future canne, non plus une ou deux armatures de carbone identiques mais quatre voire cinq trames différentes : croisée, longitudinale ou oblique… Avant de renforcer ce premier tube d’une bande en spirale ou de ligatures croisées. Côté résines, la plupart des fabricants ont opté pour les époxydes mais les plus innovants n’hésitent pas à varier les formulations, y compris sur un même produit. L’italien Reglass, par exemple, intègre des nanoparticules à certaines résines d’imprégnation pour amortir les vibrations entre les différentes couches de carbone… Et augmenter ainsi la vitesse de réaction de la canne au moment de ferrer et durant la capture.

 

Le carbone, nouveau seigneur des anneaux

Équipement essentiel, la série d’anneaux qui équipent les cannes de lancer fait également appel aux technologies les plus sophistiquées. Leur rôle est multiple : assurer une parfaite transmission des interactions entre l’utilisateur et sa proie, repartir les efforts en fonction de la courbure de la canne, faciliter le déroulement de la ligne tout en carbonela protégeant de l’abrasion… 
Depuis une quinzaine d’année, les modèles les plus performants à cet égard étaient composés d’armatures en inox ou en titane dotées d’anneaux en céramique : oxyde d’aluminium destiné au nylon ou carbure de silicium, pour la tresse. 
En 2013, cependant l’équipementier japonais Daiwa a fusionné les deux composants en un seul, en composite carbone. Avantages, un gain de poids sur le titane et une résonance accrue par rapport aux céramiques… Et surtout un dévidage régulier de la ligne, quel que soit le fil utilisé.

Des plastiques vraiment appâtants

Toutes sortes de leurres visent à mystifier les carnassiers. Mais pour satisfaire les pêcheurs, convaincus que les poissons finissent toujours par déjouer leurs pièges, les fabricants de leurres renouvellent sans cesse leurs collections.  Ce faisant, ils n’hésitent pas à proposer des poissons-nageurs et des leurres souples aux formes originales parfois très éloignées des règles du mimétisme. 
Résines dures, plastiques souples, mousse polyuréthane…  Un large éventail de polymères de densité variables est mis à contribution pour décliner les couleurs, les formes et le comportement hydrodynamique des poissons-nageurs. Ces matières plastiques autorisent également l’incorporation de billes internes émettant du son, de paillettes brillant en transparence et même d’arômes attractifs, au goût d’anis ou de crustacés…

top pêche

delalandeCette débauche de créativité n’est d’ailleurs pas réservée aux professionnels, artisans célébrés pour leur savoir-faire ou marques réputées. Comme les moucheurs passionnés, les mordus du carnassier affectionnent de créer leurs propres leurres. Ils disposent pour cela, dans les commerces spécialisés, de tout l’équipement nécessaire : moule ou plâtre-résine, yeux de poisson adhésifs, pigments et arômes, silicone ou PVC en pâte de type plastisol… A charge pour eux de créer de nouvelles espèces factices appétissantes pour les carnassiers.

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