Paroles d'expert 4 min

Novamen met l’eau pure à la portée de tous

Rencontre avec Christoph Kellenberger, ancien chercheur suisse, désormais directeur général de Novamem, fabricant de membranes polymères.
Novamen met l’eau pure à la portée de tous
Novamen met l’eau pure à la portée de tous

Novamen est une société assez récente, comment avez-vous eu l’idée de vous lancer à votre tour sur le marché des membranes de filtration ?

Novamen est une société très liée à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH). Nous y étions encore doctorants en sciences et en chimie, lorsque Michael Loepfe et moi avons décidé de créer cette entreprise, en 2013. Au départ, nous nous sommes concentrés exclusivement sur les membranes que nous développions et que nous proposions à des industriels ou à des chercheurs. Depuis peu, nous nous intéressons aux systèmes plus complets de filtration aux points d’utilisation destinés au grand public que nous commercialisons sous la marque DrinkPure.

Quelles sont les spécificités de vos membranes?

Les membranes que nous développons sont extrêmement hydrophiles et surtout asymétriques, nommées ainsi car constituées de différentes couches plus ou moins épaisses et plus ou moins poreuses. Ceci dit, l’importance dans ce type de membrane est l’épaisseur de la première couche : plus elle est fine et plus le débit sera élevé. C’est notamment sur ce point que nous avons une très importante valeur ajoutée. Nous proposons des gammes de membranes s’appuyant sur des technologies allant de l’ultra à la microfiltration. La plupart des membranes que l’on trouve sur le marché ont des pores de l’ordre de 0,2 micron (un micron vaut un millionième de mètre). Une telle taille n’empêche pas des bactéries comme celles de la légionellose de passer à travers les mailles du tamis. Nos pores ont une taille comprise entre 0,05 et 0,15 micron De quoi faire barrage à la quasi-totalité des bactéries !

 

Les membranes polymères de Novamen font partie des rares à disposer de pores compris entre 0,05 et 0,15 micron De quoi bloquer notamment la bactérie responsable de la légionellose.

 

Est-ce le seul avantage qu’elles ont par rapport à celles de vos concurrents ?

Non, leur technique de fabrication par nanoperforations en est un autre, et non des moindres. Nous avons mis au point un processus capable de distribuer les pores sur la membrane d’une façon particulière. C’est même un de nos secrets de fabrication et l’une des raisons de la performance de nos membranes. En effet, les pores sont assez petits pour retenir les impuretés et judicieusement placés pour permettre un flux important.

 

La disposition des pores sur la membrane polymère a nécessité des heures de recherche afin de permettre un flux plus important que la moyenne des membranes sur le marché.

Cette distribution inédite explique également leur faible tendance à s’encrasser. Pour nos clients, c’est un atout supplémentaire, car ce faible encrassement permet à nos membranes d’avoir une durée de vie supérieure.
Enfin, nous utilisons également des matériaux souvent inédits comme le PEEK, un polymère qui a notamment la particularité de résister à de très fortes températures et aux produits chimiques agressifs. Nous sommes donc capables de proposer des solutions de filtration dans des situations difficiles liées aux hautes températures ou dans des environnements saturés de gaz ou de solvants. Des conditions que l’on peut parfois rencontrer dans l’industrie ou dans la recherche… Pour terminer, j’ajouterai que nos membranes ne se dégradent pas lorsqu’elles sont sèches, il n’y a donc pas besoin de les traiter préventivement avec des agents chimiques qui pourraient les contaminer. 

A qui destinez-vous vos membranes ?

Nous nous concentrons avant tout sur des solutions de filtration aux points d’utilisation. Cela signifie que nous cherchons avant tout à apporter l’eau la plus pure possible à ceux qui en ont besoin. Cela peut être des particuliers mais également des industriels, comme ceux de l’industrie pharmaceutique ou encore des chercheurs dans le domaine de la chimie ou des sciences de la vie à la recherche d’une eau pure, c’est d’ailleurs un monde que nous connaissons bien, car nous en sommes issus.

 

Novamen sait mettre au profit de ses membranes les spécificités de polymères sélectionnés avec soin : PES, PVDF et même le fameux PEEK entrent désormais dans la composition de leurs membranes.

Quels polymères utilisez-vous ?

Nous en utilisons plusieurs, tout dépend de leur usage final. Le plus utilisé est très certainement le polyéthersulfone hydrophylisé (PES). C’est un polymère haute performance de classe médicale. Il est neutre et compatible avec les aliments et donc l’eau. Il ne contient ni phtalates, ni bisphénols, ni peroxydes. Le polyfluorure de vinylidène (PVDF) trouve également une large place dans nos membranes, notamment lorsqu’il est question de séparer les molécules.

Par exemple, c’est ce polymère qui est utilisé par un laboratoire qui cherchait à isoler des protéines présentes dans un ensemble liquide. Ici les membranes ne servent pas à rendre l’eau plus pure mais à tamiser un liquide pour ne garder que les éléments intéressants pour la recherche. Enfin, certaines membranes déjà mentionnées sont en PEEK.

Vous commercialisez Drinkpure Home, un produit très innovant destiné au grand public. Pouvez-vous en dire plus ?

Drinkpure Home est un système individuel de filtration d’eau qui s’adapte à tous les types de robinets. Nous en sommes assez fiers, car il s’agit d’un système révolutionnaire de purification d’eau. C’est le seul filtre du marché adaptable sur un robinet standard, qui élimine les agents pathogènes et les pesticides. Drinkpure Home permet également de réduire les odeurs et les goûts non désirables liés notamment au chlore. C’est un produit auquel nous croyons beaucoup, car il est très économique. Le filtre se remplace tous les 500 litres. Nous avons établi un comparatif : pour une famille standard de quatre personnes consommant quotidiennement de l’eau en bouteille, l’économie réalisée grâce à Drinkpure Home serait de l’ordre de 850 euros par an. Ce n’est pas rien !

 

Depuis peu, les membranes polymères de Novamen ont pris place dans Drinkpure Home, un dispositif particulièrement novateur de filtration de l’eau pour les particuliers.

 

Sur quel principe repose Drinkpure Home ?

Il s’agit d’un système de filtration multicouche. La première se compose d’un filtre assez classique chargé de supprimer une grande partie des impuretés et des bactéries. C’est également lui qui assure la non-prolifération des bactéries lorsque le filtre n’est pas utilisé. La seconde couche, elle aussi assez classique, est composée d’un charbon actif qui élimine mauvaises odeurs et mauvais goûts. Enfin, reste la membrane polymère, qui fait l’objet d’un brevet qui porte majoritairement sur sa fabrication. Le choix du polymère n’est pas essentiel, ce qui compte c’est le nombre et la taille des pores, qui doivent bloquer les micro-impuretés restantes tout en garantissant un flux le plus proche possible de celui que l’on a à la sortie d’un robinet. Tout ce que je peux dire c’est qu’une seule membrane compte 3 milliards de pores ! Il a été conçu lorsque nous étions scientifiques à l’ETH. Aujourd’hui, Novamen est la seule société à produire des membranes qui font l’objet de brevets, et ce n’est pas un hasard car, avant de devenir entrepreneurs, nous avons passé de longues années dans le monde la recherche.

En savoir plus :

https://novamem.com/

 

 

 

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