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Logistique : les plastiques gagnent leur titre de transport
Pas à pas, sans faire de bruit, les plastiques ont, depuis quelques années, fait leur entrée dans l’univers de la logistique. Aujourd’hui, les spécialistes de la supply chain n’hésitent pas à les qualifier de pertinents car ils permettent de gagner ces quelques grammes qui font la différence. Mais là n’est pas leur seul avantage…
Logistique : les plastiques gagnent leur titre de transport
Logistique : les plastiques gagnent leur titre de transport

Les polymères, rois de l'efficience

La longue chaîne logistique

Pour beaucoup, la logistique est l’activité qui permet d’organiser les flux physiques de produits – qu’il s’agisse de matières premières ou de produits finis – depuis leur point d’origine jusqu’à leur point de consommation. C’est vrai, mais c’est un peu réducteur. Avant tout, il convient de différencier les métiers de la logistique de ceux de la supply chain. Les premiers ne concernent que la gestion des entrepôts alors que les seconds incluent le transport. La mondialisation des échanges ou encore le développement du commerce par Internet font que, aujourd’hui, la logistique est un secteur particulièrement dynamique, voire considéré comme stratégique pour de nombreuses entreprises. L’optimisation et la rationalisation des flux sont maintenant des enjeux majeurs.

Si le versant organisationnel reste primordial, les emballages et les méthodes de stockage sont eux aussi déterminants, et quand il est question de gagner du poids pour économiser du carburant, les plastiques sont désormais imbattables.

Pallette : le symbole se réinvente

On la croyait immuable, cette bonne vieille palette composée d’un enchevêtrement de planches de pin – d’ailleurs, elle l’était. Peu onéreuse, capable de résister à des pressions de plusieurs centaines de kilos, recyclable, etc., difficile d’imaginer faire mieux ! Et pourtant, son règne sans faille est en train de vaciller. La cause : le polyéthylène haute densité recyclé. Dans de nombreux entrepôts, cette palette dernière génération remplace peu à peu sa concurrente en bois. Si l’investissement de départ est un peu plus lourd, il est néanmoins très rapidement rentabilisé notamment grâce à la solidité du polymère.

Les spécialistes de la logistique estiment en effet qu’une palette traditionnelle peut effectuer en moyenne huit rotations avant d’être mise au rebut contre une vingtaine pour une palette en plastique. Mais ce n’est pas tout : la généralisation des palettes plastique a contribué à améliorer les conditions de travail et la sécurité des salariés. La palette plastique est en effet plus légère : 6 kg contre près de 20 kg pour une palette en bois ; plus sûre car dépourvue d’échardes et de clous ; plus pratique car, pour les retours à vide, il est possible d’empiler quarante-cinq palettes plastique dans un camion, soit trois fois plus que de palettes en bois. Enfin, et ce n’est pas un détail, elle est facilement teintable et peut prendre ainsi les couleurs de l’entreprise et devenir un nouveau vecteur de communication hi-tech.

Eviter l'effet Tour de Pise

Empiler des caisses de marchandises sur une palette est tout un art et, pour éviter les chutes qui peuvent se chiffrer en milliers d’euros de perte, toute l’attention est portée à leur calage. Pas si simple… Là encore, ce sont les plastiques qui sont appelés à la rescousse. Aujourd’hui, les palettes entières sont entourées d’un film étirable et légèrement collant. Un film finalement assez proche de celui utilisé pour protéger les aliments. Seule différence, il est plus épais donc bien plus résistant aux déchirures. En polyéthylène tricouche, il garantit la stabilité des charges palettisées tout en les solidarisant à la palette durant leur transport ou leur stockage. Sa transparence permet également d’identifier immédiatement la nature des marchandises transportées

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Le carton perd (un peu ) de sa superbe

Ceci étant dit, quand il est question de colis non réutilisables, le carton a encore de très beaux jours devant lui. Peu cher, léger, il n’a qu’un seul défaut, celui d’être fragile et donc de ne pas bien protéger les marchandises qu’il contient. C’est bien pour cette raison que celles-ci sont souvent enveloppées dans un film plastique à bulles ou encore garnies de copeaux de polystyrène. Mais les plastiques trouvent bien d’autres débouchés, notamment dans les bacs en polypropylène, un polymère thermoplastique particulièrement résistant et recyclable. Ainsi, les logisticiens s’intéressent de plus en plus à cette nouvelle génération de bacs plastique notamment dans le domaine de la pharmacie. En effet, chaque pharmacie étant livrée au minimum une fois par jour, le transporteur peut facilement déposer son bac et le récupérer le lendemain une fois les produits mis en rayons.

© Veba MediTemp

Empilables, ces nouveaux bacs sont même munis d’un couvercle qui peut être scellé par un lien cranté de polyamide, si besoin. Il est même possible d’incorporer dans la caisse une puce RFID afin de tracer à tout moment les médicaments.

Ces polymères garants de la chaîne du froid

Des produits comme les vaccins ou certaines crèmes cosmétiques sont particulièrement sensibles aux écarts de température et ne tolèrent pas les grandes chaleurs ni les grands froids. Comment donc les acheminer vers les pays les plus chauds ? Bien sûr, il existe des véhicules réfrigérés mais ce sont des solutions onéreuses et pas toujours adaptées. Les fabricants de colis se sont tournés vers les polymères pour proposer des caisses isothermes garantissant le maintien de la température durant un laps de temps parfaitement défini. Certes les caisses de polystyrène existent depuis bien longtemps et elles sont le parfait allié des mareyeurs qui expédient leurs poissons parfois à plusieurs centaines de kilomètres du lieu de pêche. Elles ont cependant un défaut : pour réellement mettre à profit leur capacité isothermique, elles doivent être garnies de glace. Ce qui est loin d’être idéal pour les médicaments ou les produits cosmétiques…

Des emballages plus modernes ont donc fait leur apparition. Ces derniers sont généralement constitués de trois couches de polymère, un polyester métallisé qui renvoie la chaleur, une mousse de polyéthylène ainsi qu’un film de polyéthylène totalement inerte agréé pour le transport des aliments ou des médicaments. Ces polymères peuvent même s’enrichir d’un gel dit eutectique qui, pris en sandwich dans la structure interne, a la capacité de doubler le temps de maintien de la température. C’est ce type de colis qui est utilisé lors du transport de greffons destinés aux greffes humaines.

Du polyester pour le transport de liquide

Malgré leur aspect métallique, de nombreuses citernes équipant les camions-citernes sont en fait réalisées en un matériau composite constitué de polyester et de fibre de verre. Si certaines ont cet aspect métallique, c’est avant tout pour renvoyer les rayons lumineux et donc éviter une surchauffe des liquides qu’elles transportent. Ici, ce n’est pas forcément le gain de poids qui est recherché car ce composite n’est pas franchement moins lourd que l’acier. Si le composite s’est imposé c’est avant tout parce qu’il est facilement moulable et permet donc d’augmenter les cadences de fabrication. Autre point fort, il est d’une résistance à toute épreuve et peut donc résister aux chocs d’une grande violence. Enfin, c’est ce même polymère qui est utilisé, pour sa parfaite étanchéité, dans la fabrication en série des bateaux

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