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Humanitaire : les plastiques au cœur de l’action
Soucieuse d’efficacité, l’action humanitaire mise sur des produits et des équipements robustes et fiables pour faire face aux situations les plus imprévisibles. Quelques polymères très polyvalents figurent parmi ses matériaux de prédilection.
Humanitaire : les plastiques au cœur de l’action
Humanitaire : les plastiques au cœur de l’action

De l'eau et de l'énergie grâce aux plastiques

Les plastiques, de corvée d'eau

La destruction des infrastructures, suite à une catastrophe naturelle, ou leur absence, dans les camps de réfugiés, limite voire interdit l’accès à une ressource vitale : l’eau. La fourniture d’eau potable, en urgence, et la mise en place de réseau d’assainissement sont donc prioritaires, dès lors qu’on a « résolu » la question de l’hébergement. 
Logistique oblige, les spécialistes du génie civil humanitaire privilégient souvent les équipements en plastique. En phase de crise, ils peuvent compter sur des réservoirs souples en toile polyester haute densité enduit de PVC pour l’acheminement et le stockage de l’eau potable.

tente citerne

Une citerne remplie reservoird’une dizaine de m3 d’eau est transportable sur la plate-forme d’un camion de marchandise. Un réservoir de 500 m3 qui, plié, n’occupe que 3 m3, permet d’approvisionner des milliers de réfugiés. 
Polyvalents, ces contenants de grande capacité peuvent remplir différentes fonctions dans le cycle de l’eau : livraison en urgence, stock tampon après captage, collecte des eaux de pluies à filtrer ou des eaux usées à traiter ...
Des conduites souples fabriquées selon le même procédé sont utilisées pour la distribution de l’eau, en phase d’urgence, et pour les captages, notamment souterrains, en phase de réhabilitation des réseaux.

 

Polymères tout-terrain pour designers humanitaires

L’approvisionnement en eau potable n’est pas seulement un problème pour les victimes de crises humanitaires, c’est le défi quotidien de centainessai7 homepagees de millions de familles rurales, en Inde ou en Afrique… 
Un défi mais, surtout, une corvée pour les femmes en charge, ensuite, de la gestion de la ration quotidienne pour la boisson, la cuisine et l’hygiène… Autant de tâches pour lesquelles, elles peuvent compter sur le polyéthylène. 
C’est en effet ce polymère bon marché, souple et résistant que privilégient les rares designers qui daignent se pencher sur des produits comme le jerrican, le seau ou la bassine.

Oxfam, l’une des 5 majors de l’action humanitaire, a ouvert la voie avec son seau en polyéthylène à haute densité (HDPE) de grade alimentaire. Conçu, à l’origine, pour remplacer, dans les camps, les bidons encombrants et difficiles à transporter, il a depuis conquis toute la planète par ses qualités en termes d’hygiène et d’ergonomie : solidité, résistance à la déformation, fond incurvé contre l'accumulation de saleté, double fermeture hermétique par couvercle et bouchon fixés, robinet pour éviter les contaminations… Le concepteur a poussé le souci du détail jusqu’à isoler le point d’accroche au moule de fabrication pour qu’il ne blesse pas la tête des femmes. 
Stimulés par cette démarche, les fabricants ont mis à profit les performances du polyéthylène basse densité (LDPE) pour créer des bidons souples et pliables, conformes au standard du HCR.

oxfam bucket

Récemktichenment encore, les designers de l’Humanitarian Design Bureau, en France, ont conçu un nouvel emballage réutilisable en plastique pour les ustensiles, tous métalliques, du « kitchen set » distribué par le CICR. 
Résultat, au lieu d’un carton livré dans un état improbable, le destinataire disposera d’un container hermétique, semi-rigide, utilisable comme bassine ou pour stocker l’eau et les aliments.

 

Une " paille de survie" dans l'oeil du cyclone

Un humain sur deux, sur la planète, n’a pas accès à une eau potable conforme aux critères de l’OMS. La seule solution envisageable pour les foyers isollifestrawés est la transformation, à domicile,  d'eau sale en eau potable. C’est pourquoi, sur tous les continents, ONG et industriels s’efforcent de mettre au point des dispositifs autonomes de filtration.


L’un des plus rudimentaires est le système mis au point par le médecin guatémaltèque Fernando Mazariegos et distribué par l’ONG ghanéenne Pure Home Water. Plus de 100000 familles, dans le monde, ont adopté cette méthode qui consiste à filtrer l’eau à travers un pot en céramique rempli de sable et posé sur le rebord supérieur d’un seau en plastique semblable à l’incontournable Oxfam Bucket.

Beaucoup plus perfectionné est le système mis au point par Vestergaard Frandsen, une société suisse connue par ailleurs pour ses moustiquaires et ses sacs de stockages agricoles en fibre synthétiques insecticides. 
Elle commercialise désormais, sous la marque LifeStraw, un procédé de filtration d’eau bon marché qui a fait ses preuves, notamment lors du cyclone Nargis en 2008 en Birmanie.
Tous les systèmes dérivés de cette « paille de survie » sont composés d’un corps en matière plastique contenant plusieurs membranes en Ultrason® E, une résine polyéthersulfone mise au point par BASF. 
Assurant une ultrafiltration, elles retiennent les virus et bactéries des eaux de surface ou de pluie. Ce qui diminue considérablement les risques infectieux liés à l’ingestion d'eau contaminée.
Plus connu dans sa version individuelle, cylindrique, le procédé s’applique également à des stations de purification plus volumineuses comme le modèle LifeStraw® Family capable, selon le fabricant, d’assurer sans électricité ni maintenance, l’approvisionnement en eau potable d’une famille de 5 personnes pendant 3 ans.

La fée électricité s'habille de plastique

Après l’eau, c’est souvent l’électricité qui fait le plus cruellement défaut, aux populations déshérités ou affectées par des crises humanitaires. Là encore, les designers rivalisent d’ingéniosité pour apporter des dispositifs portatifs capables de fournir l’énergie suffisante à un éclairage domestique ou au fonctionnement d’une radio ou d’un téléphone portable. 
Si le principe de la bonne vieille dynamo est toujours d’actualité, il a gagné en légèreté et surtout en fiabilité grâce à l’utilisation de mécanismes en plastique. Mieux encore, l’huile de coude se combine aujourd’hui avec l’énergie solaire produite grâce aux nouvelles membranes photovoltaïques bon marché. 
Malgré leur coût relativement plus élevé, à l’achat, les lampes solaires, dotées de LED s’avèrent beaucoup plus économiques, à l’usage, que les lampes à pétrole ou kérosène.

Outre les dépenses de carburant, à raison d’environ 2 à 3 litre par mois, ces lampes sont une source de nuisances pour la santé, l’environnement mais aussi de nombreux accidents domestiques.
Parmi les dispositifs d’urgence les plus ingénieux, notons la  lampe LuminAID imaginée par deux américaines après le tremblement de terre à Haïti en 2010. Elle est constituée d'un boîtier très plat qui contient à la fois l'électronique, le panneau photovoltaïque monocristallin, la batterie Li-Ion d'une capacité de 850 mAh, la LED principale et l'interrupteur accolé sur une poche gonflable en polyuréthane translucide. Une fois chargée, elle est capable de diffuser, en mode « high » quelques 30 lumens durant 8 heures.

Inconditionnels de la mécanique, les deux ingénieurs londoniens Martin Riddiford et Jim Reeves ont opté pour un système d’éclairage sans doute inspiré par leur compatriote Newton. 
Ce dispositif baptisé GravityLight repose sur les lois de la pesanteur. Un sac rempli de terre, de sable ou de pierres d’environ 9 kg actionne une dynamo en plastique qui alimente une ampoule LED durant une heure vingt-cinq. Il suffit de remonter le sac pour relancer le processus indéfiniment. À la force du poignet, évidemment !

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